Etude de l'écriture de Colette :

Le graphisme d’une femme écrivain qui apporta bien des changements dans l’histoire de la littérature et de la place de la femme…
Quelques clés pour une analyse graphologique très succincte…

Ce qui frappe dans ce graphisme, c’est la tenue de la ligne de base : aucun besoin de guide-ligne, car l’écriture avance résolument vers son but, avec une clarté dans la forme comme dans la direction qui semble dire qu’elle sait où elle va.
Cette impression d’évidence émane de la simplicité et de la sobriété des formes : Lettres majuscules en capitales, absence de fioritures, de complications dans le geste graphique, ou de lassos visant à capter l’attention ou à produire un effet particulier ; ce qui se reflète dans son style littéraire dont la force émane de l’apparente simplicité avec laquelle Colette exprime sa pensée.
Colette La forme, le mouvement et l’espace sont, en graphologie, trois aspects dont la combinaison donne beaucoup d’indications sur le scripteur. Entre autres choses, sur sa façon de prendre sa place dans la société ou dans un groupe social plus restreint ; sur sa manière d’avancer dans la vie, avec appréhension, hésitation, mollesse, élan, volonté, enthousiasme etc.
Le mouvement est résolu dans ce graphisme : une tension sans raideur dans la conduite du trait, une fermeté dans le geste qui évite tout tiraillement ou flottement, une régularité dans la cadence qui l’enlève rien à l’aspect vibrant et nuancé de l’ensemble. Cela traduit le caractère volontaire de l’auteure, bien déterminée à ne pas se laisser dicter sa conduite et à vivre selon ses valeurs et convictions.
Le trait est bien encré et nourri, avec de légères inégalités, la pression est en relief : tout ici suggère l’ancrage dans la réalité, la vigueur et la résistance d’un tempérament bien trempé, sachant résister aux pressions de l’extérieur.
La zone médiane crénelée, en guirlandes ouvertes, la mise en page aérée, dans ce texte où l’air circule entre les lignes, entre les mots et même à l’intérieur des mots (l’écriture groupée à liée permet des levées de plume tout en reliant les lettres de façon dynamique) met l’accent sur la curiosité, l’appétit de vivre, la soif de découverte chez Colette : primauté de l’expérience sensorielle, appréhension du monde vivant par le biais des sens, force d’une réflexion non pas éthérée ni théorique mais lestée par la sensation – soit-elle observation, écoute des bruits de la nature, plaisir du toucher, bonheur de savourer et de sentir . Ce graphisme nous rend compte de façon visible et presque palpable de l’impact du monde vivant et palpitant sur le cœur, le corps et l’âme de l’auteur. Il est l’expression de la sensualité épanouie et librement vécue de cette femme qui affirme sa liberté.
Cette écriture, quoique précise et lisible, se différencie nettement de la calligraphie du modèle scolaire. La pression en relief, les d à rebours, les barres de t fermes et effilées, sont autant d’éléments idiosyncratiques qui manifestent l’affirmation de son individualité propre : non seulement elle veut montrer le monde qui l’entoure tel qu’il est et non pas tel qu’elle voudrait qu’il soit ni qu’elle l’imagine, mais encore elle écrit comme elle vit, en femme libre qui s’assume telle qu’elle est dans toute son authenticité.

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